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Comment aider un proche victime de violences psychologiques ?

30 sept.
4 min de lecture

Lorsqu’un proche semble changer, s’éloigner ou perdre confiance en lui, il n’est pas toujours facile de savoir comment réagir.

Et si, parfois, aider commençait simplement par rester là ?


Lorsqu’un proche semble subir des violences psychologiques, il n’est pas toujours facile de savoir comment l’aider.

Il y a des moments où l’on sent qu’il n’est plus tout à fait lui-même.


Il vient moins souvent, parle moins, semble plus hésitant. On le sent préoccupé, parfois triste ou inquiet. On remarque qu’il fait davantage attention à ce qu’il dit, qu’il justifie beaucoup les comportements de son conjoint ou qu’il s’éloigne peu à peu de ceux qui l’entourent.

Et nous, autour, nous ne savons pas toujours quoi faire.


On voudrait aider. Parfois même, on voudrait comprendre, protéger, ou simplement retrouver la personne que l’on connaissait avant.

Mais les choses sont rarement aussi simples.


« Je ne le reconnais plus »


C’est une phrase que les proches peuvent parfois avoir en tête.

Lorsqu’une personne est prise dans une relation qui la fragilise, elle peut progressivement perdre confiance en elle, douter de ses ressentis ou avoir besoin de s’adapter constamment à l’autre.

Il peut devenir plus difficile pour elle de prendre une décision, de donner son avis ou simplement de faire ce qu’elle faisait auparavant.

Elle peut se montrer très attentive à l’humeur de son partenaire, s’excuser souvent, chercher ses mots ou expliquer les comportements de l’autre pour les rendre plus compréhensibles.

Elle peut aussi s’éloigner de sa famille ou de ses amis, parfois sans vraiment parvenir à expliquer pourquoi.


Vu de l’extérieur

Ces changements peuvent être difficiles à comprendre.

On peut avoir envie de dire :

« Mais pourquoi tu acceptes ça ? »

« Tu vois bien pourtant… »

« Tu devrais partir. »


Ces paroles viennent souvent de l’inquiétude et de l’affection.


Pourtant, lorsqu’une personne est déjà dans le doute, elle peut avoir besoin avant tout de se sentir entendue, sans avoir à se justifier.


Quand la personne ne parle pas

Il arrive aussi qu’un proche ne dise rien.

Il peut minimiser ce qu’il vit, défendre son conjoint, dire que « tout va bien » ou expliquer certains comportements par la fatigue, le stress ou les difficultés du moment.

Cela peut être déconcertant pour l’entourage.

Pourtant, ne pas parler ne signifie pas nécessairement que tout va bien.

Il peut être difficile de reconnaître ce que l’on vit lorsque les choses se sont installées progressivement. Il peut aussi y avoir de l’attachement, de l’espoir, de la peur ou simplement le besoin de prendre le temps de comprendre.

Chacun avance à son rythme.


Alors, comment être là ?

Il n’est pas toujours nécessaire de trouver les bons mots.

Parfois, simplement dire :


« Je te sens moins bien en ce moment. Si tu as envie d’en parler, je suis là. »

peut ouvrir une porte.


Écouter sans chercher immédiatement à convaincre.

Accueillir ce que la personne raconte, même si cela semble contradictoire.

Ne pas lui demander de prendre une décision immédiatement.

Et surtout, continuer à être là.

Même si elle revient vers son conjoint.

Même si elle minimise ce qu’elle vit.

Même si elle ne souhaite pas encore parler.


Le lien que vous maintenez est important.


Quand on voudrait faire plus

Lorsque l’on voit quelqu’un que l’on aime souffrir, l’impuissance peut être difficile à supporter.

On peut avoir envie d’intervenir, de confronter le conjoint, de convaincre la personne de partir ou de lui montrer ce que l’on pense être évident.

Pourtant, certaines interventions peuvent parfois conduire la personne à se refermer davantage.

Il peut être plus aidant de lui rappeler qu’elle peut compter sur vous, qu’elle peut parler librement et qu’elle n’a pas à avoir honte de ce qu’elle traverse.

Être présent ne signifie pas tout résoudre.

Cela peut simplement vouloir dire : rester une personne auprès de laquelle il est possible de revenir.


Et vous, dans tout cela ?

Être proche d’une personne qui souffre peut être éprouvant.

On peut ressentir de la colère, de l’inquiétude, de la tristesse ou de l’impuissance.

On peut aussi se demander :

« Est-ce que je fais assez ? »

« Est-ce que je devrais intervenir davantage ? »

« Pourquoi ne m’écoute-t-elle pas ? »

Ces questions peuvent prendre beaucoup de place.

Il est important de se rappeler que vous ne pouvez pas porter la situation à la place de votre proche.

Vous pouvez être un soutien, une présence, un point d’appui. Mais vous ne pouvez pas décider à sa place.

Prendre soin de vous peut également vous permettre de rester disponible dans la durée.


Parfois, parler aide aussi l’entourage

On pense souvent que seul le proche qui vit la situation a besoin d’aide.

Pourtant, être témoin d’une relation qui semble faire souffrir quelqu’un peut également susciter beaucoup de questions et d’émotions.


Vous pouvez avoir besoin de comprendre ce qui se passe, de trouver la bonne distance ou simplement de déposer ce que vous ressentez.

Un accompagnement professionnel peut offrir cet espace.

Il ne s’agit pas de décider à la place de votre proche, mais de vous permettre de mieux comprendre la situation et de réfléchir à la manière dont vous pouvez être présent sans vous épuiser.

Demander conseil lorsqu’on s’inquiète pour un proche victime de violences psychologiques peut aussi être une première étape.

Vous pouvez venir parler de ce que vous vivez, même si c’est pour quelqu’un d’autre.

Vous n’avez pas besoin de savoir exactement ce qui se passe, ni d’avoir une solution à apporter.

« Je suis inquiet pour quelqu’un que j’aime et je ne sais pas comment l’aider. »

est déjà une première étape.


Pour aller plus loin

Les violences psychologiques peuvent concerner les femmes comme les hommes, dans les relations de couple comme dans d’autres relations.

3919 — Violences Femmes Info Numéro national, anonyme et gratuit.

Pour les femmes victimes de violences et leur entourage. Écoute, informations et orientation.


116 006 — numéro d’aide aux victimes Numéro national, gratuit.

Pour les victimes et leurs proches. Écoute, information et orientation vers les dispositifs adaptés.


En cas de danger immédiat : 17 — Police / Gendarmerie


114

Pour contacter les services d’urgence lorsqu’il n’est pas possible de téléphoner.


Une dernière chose

Parfois, on ne sait pas exactement ce qui se passe.

On sait simplement que quelque chose a changé.

Et il peut être précieux de pouvoir en parler, pour soi ou pour quelqu’un que l’on aime.

Prendre le temps de comprendre, mettre des mots et retrouver ses repères, à son rythme et sans jugement, peut être une première étape.

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