
Violences psychologiques : comprendre ce qui se joue dans la relation
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
Violences psychologiques : quand la relation fragilise le lien à soi
« Je ne me reconnais plus. »
« Je doute de tout. »
« J’ai constamment peur de mal faire. »
« Je ne sais plus si ce que je ressens est normal. »
Ce sont parfois les premières phrases qui apparaissent lorsqu’une personne commence à mettre des mots sur ce qu’elle vit.
Les violences psychologiques ne sont pas toujours immédiatement identifiables. Elles peuvent s’installer progressivement, parfois dans une relation qui, au départ, semblait sécurisante et aimante.
Il n’y a pas nécessairement de cris, de menaces explicites ou de conflits permanents. La violence peut aussi se loger dans des remarques répétées, des humiliations, du contrôle, du dénigrement, des silences, de la culpabilisation ou une manière de faire constamment douter l’autre de lui-même.
Ce qui se joue alors dépasse largement le désaccord ou le conflit.
C’est le sentiment de sécurité intérieure qui peut progressivement être atteint.
Quand on commence à douter de soi
Dans une relation où la parole et le vécu de l’un sont régulièrement remis en question, quelque chose peut progressivement se déplacer.
On ne se demande plus seulement :
« Que s’est-il passé ? »
On commence à se demander :
« Est-ce que j’exagère ? »
« Est-ce que je suis trop sensible ? »
« Est-ce que finalement tout est de ma faute ? »
À force d’être confrontée au jugement, au reproche ou au déni de ce qu’elle ressent, une personne peut perdre progressivement confiance dans ses propres perceptions.
Elle peut continuer à ressentir de la tristesse, de la peur ou de l’injustice, tout en ne s’autorisant plus à considérer ces émotions comme légitimes.
C’est une expérience particulièrement déstabilisante : souffrir et, en même temps, ne plus être certaine d’avoir le droit de souffrir.
L'emprise ne se construit pas en un jour
L’emprise psychologique est rarement un phénomène qui apparaît brutalement.
Elle peut se construire progressivement, à travers de petites adaptations successives.
On évite un sujet pour ne pas provoquer de réaction.
On renonce à exprimer un besoin.
On modifie son comportement pour préserver la paix.
On s’excuse alors que l’on ne comprend pas vraiment pourquoi.
On commence à anticiper les réactions de l’autre.
Et puis, parfois, on ne sait plus très bien quand on a commencé à faire autant de place à l’autre et si peu à soi.
La liberté intérieure se rétrécit.
La personne ne fait plus certains choix parce qu’elle les souhaite, mais parce qu’elle cherche à éviter une réaction, une dispute, une froideur ou une nouvelle remise en question.
Pourquoi reste-t-on dans une relation qui fait souffrir ?
Cette question est souvent posée de l’extérieur.
Elle peut pourtant être douloureuse pour la personne concernée :
« Pourquoi je ne pars pas ? »
Parce qu’une relation ne se résume jamais aux moments où elle fait souffrir.
Il peut y avoir de l’attachement, de l’amour, des souvenirs heureux, des projets communs, des moments de proximité et des périodes où tout semble aller mieux.
Il peut aussi y avoir l’espoir que l’autre change.
Et lorsque la confiance en soi a été fragilisée, imaginer une vie différente peut devenir particulièrement difficile.
La peur de se tromper, la peur d’être seule, la peur des conséquences d’une séparation ou encore la conviction de ne pas être capable d’y arriver peuvent maintenir une personne dans une situation qui pourtant la fait souffrir.
Rester ne signifie donc pas consentir à la violence.
Et partir n’est pas toujours une décision simple ou immédiatement possible.
Ce que la violence psychologique fait au lien à soi
Au-delà de la relation avec l’autre, c’est souvent la relation à soi qui est profondément touchée.
Certaines personnes décrivent une perte de confiance, une difficulté à prendre des décisions ou le sentiment de ne plus savoir ce qu’elles veulent réellement.
Elles peuvent être devenues très attentives aux besoins des autres tout en ayant perdu le contact avec les leurs.
Elles savent ce que l’autre pense.
Elles savent ce qui va provoquer sa colère.
Elles savent ce qu’il ne faut surtout pas dire.
Mais lorsqu’on leur demande :
« Et vous, qu’est-ce que vous ressentez ? »
La réponse peut devenir beaucoup plus difficile.
C’est parfois là que commence un autre travail : réapprendre à s’écouter.
Retrouver une place pour soi
Un accompagnement psychologique peut offrir un espace différent de celui dans lequel la personne a pu être enfermée.
Un espace où elle n’a pas à convaincre.
Où elle peut prendre le temps de raconter.
Où ses émotions peuvent être entendues sans être immédiatement corrigées, relativisées ou jugées.
Le travail peut commencer par des choses très simples : remettre des mots sur ce qui a été vécu, différencier ses émotions de celles de l’autre, identifier ses besoins, retrouver ses limites et comprendre certains mécanismes relationnels.
Il ne s’agit pas de dire à la personne ce qu’elle doit faire.
Il s’agit de lui permettre de retrouver suffisamment de sécurité et de confiance pour pouvoir à nouveau penser, ressentir et choisir par elle-même.
Se reconstruire après une relation psychologiquement violente
Lorsque l’on a longtemps appris à se remettre en question, retrouver confiance ne se fait pas uniquement par la pensée.
Cela demande souvent du temps.
Il peut être nécessaire de réapprendre que ses émotions ont une valeur, que ses besoins peuvent exister, que poser une limite n’est pas être égoïste et que dire non ne constitue pas une faute.
Peu à peu, quelque chose peut se reconstruire.
Une capacité à se faire confiance.
Une capacité à reconnaître ce qui est acceptable ou ne l’est pas pour soi.
Une capacité à être en relation sans devoir constamment s’effacer.
Et surtout, la possibilité de retrouver une relation plus juste avec soi-même.
Mettre des mots peut être le premier pas
Il n’est pas nécessaire d’être certain(e) de vivre des violences psychologiques pour venir en parler.
Parfois, il y a simplement un malaise persistant.
Le sentiment de ne plus être soi-même.
La sensation de devoir constamment faire attention.
Une fatigue psychique qui ne s’explique pas.
Ou cette question qui revient :
« Est-ce que cette relation est réellement bonne pour moi ? »
Ces questionnements peuvent constituer un point de départ.
En consultation, ils peuvent être accueillis sans jugement, avec le temps nécessaire pour comprendre ce qui se joue et ce dont vous avez besoin.
Vous n’avez pas besoin d’avoir déjà les réponses pour commencer à en parler.



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